Une chose est claire : les jeunes voient et consomment massivement des contenus sur les réseaux
Si la foi semble plus visible chez une partie de la génération Z, c’est aussi parce que les réseaux sociaux sont devenus leur espace central de découverte. En France, l’Arcom rappelle que 4 Français sur 10 s’informent chaque jour sur les réseaux sociaux. Elle souligne aussi que les 15-24 ans passent désormais plus de 5 heures par jour à consommer des contenus audio ou vidéo sur des services à la demande ou des réseaux sociaux, tandis que 30 % d’entre eux ne regardent plus du tout la télévision linéaire.
Dans ce contexte, il n’est pas surprenant que des contenus autour de la foi, de la spiritualité ou de la religion circulent davantage qu’avant dans leur quotidien numérique. Cette dernière idée est une déduction fondée sur l’évolution des usages médiatiques observée par l’Arcom.
En France, les jeunes restent globalement moins catholiques que leurs aînés
Pour autant, parler d’un retour massif et uniforme à la religion serait excessif. Une étude Ipsos menée dans 26 pays montre qu’en France, comme dans plusieurs pays historiquement catholiques, les membres de la Gen Z sont moins nombreux que les baby-boomers à se dire catholiques, avec un écart dépassant 20 points. Cela signifie qu’en termes d’appartenance religieuse traditionnelle, les jeunes générations françaises restent globalement plus détachées que leurs aînés.
Mais dans les pays les plus sécularisés, les jeunes expriment parfois un nouveau rapport à la foi
L’intérêt du tableau, c’est qu’il est plus complexe. Toujours selon Ipsos, dans plusieurs pays peu religieux d’Europe occidentale, les jeunes sont davantage enclins que leurs aînés à voir la religion comme un élément d’identité. L’étude cite explicitement la France parmi les pays où cet écart existe. Elle note aussi que, dans les pays où la pratique religieuse globale est faible, les jeunes peuvent parfois se montrer plus engagés que les générations plus âgées sur certains indicateurs comme la prière ou la fréquentation d’un lieu de culte. En clair : la religion institutionnelle recule, mais la question spirituelle ne disparaît pas forcément chez les plus jeunes.
Génération Z : pourquoi la foi revient dans les discussions (illustration)
Le phénomène existe, mais il ne faut pas le surestimer
Les grandes enquêtes internationales appellent aussi à la prudence. Aux États-Unis, le Pew Research Center estime qu’il n’existe pas de preuve claire d’un véritable revival religieux national chez les jeunes adultes, malgré certaines narrations très relayées dans les médias ou sur internet. Pew a aussi mis en garde contre des enquêtes britanniques très commentées sur un supposé retour massif des jeunes vers le christianisme, en expliquant que certaines données avaient été contestées puis retirées. Autrement dit, il se passe bien quelque chose autour de la foi chez une partie des jeunes, mais cela ne veut pas forcément dire qu’une génération entière retourne soudainement vers la religion organisée.
Plus qu’un retour à la religion, une quête de sens plus visible
Le vrai mouvement semble donc être ailleurs : moins dans une reconquête massive des institutions religieuses que dans une quête de sens, d’identité, de repères ou de communauté, devenue beaucoup plus visible en ligne. Chez une partie de la Gen Z, la foi n’apparaît plus seulement comme un héritage familial ou une pratique dominicale. Elle peut aussi devenir un langage, une recherche personnelle, un sujet de discussion ou une manière de se définir dans un monde jugé instable. Cette lecture est une synthèse fondée sur les données d’Ipsos, de l’Arcom et de Pew.


