Une association née au cœur d’un quartier marqué par de lourdes réalités
À Créteil, au cœur du secteur Le mont Mesly , entre deux quartiers où les fragilités sociales, judiciaires et humaines se croisent, Elsa a choisi d’agir autrement.
Éducatrice spécialisée, elle a créé l’association Praceta avec une idée claire : accompagner les jeunes là où beaucoup les résument trop vite à leurs erreurs, à leur quartier ou à leur passé.
Dans ce territoire, elle explique avoir été confrontée à une réalité préoccupante : 14 mineurs incarcérés sur ce quartier et un taux de récidive important. Pour elle, il fallait proposer autre chose. Un accompagnement plus proche, plus souple, plus humain, mais surtout plus adapté aux profils des jeunes qu’elle rencontrait.
“Il y a beaucoup de jeunes qui ont plein d’idées, mais qui n’osent pas se lancer”
À travers Praceta, Elsa développe deux axes principaux.
Le premier touche au judiciaire, avec un accompagnement individuel dans certaines démarches, pour aider des jeunes à ne pas rester seuls face à des procédures ou à des parcours déjà fragilisés.
Le second repose sur une logique plus large de solidarité et de construction de projets. L’idée, dit-elle, est aussi d’aider des jeunes à transformer une simple envie ou une intuition en quelque chose de concret.
Dans son regard, il y a cette conviction que beaucoup d’entre eux ont des idées, des envies, du potentiel, mais qu’ils manquent parfois de confiance, de cadre ou de soutien pour aller plus loin.
Une présence qui dépasse l’accompagnement professionnel
Dans le quartier, la place d’Elsa ne se raconte pas seulement à travers les mots de son métier. Elle se mesure aussi à travers ce que disent les familles et les jeunes eux-mêmes.
L’un des témoignages recueillis pendant le reportage raconte une relation construite sur le temps. Ce jeune explique avoir connu Elsa à travers son frère, alors incarcéré, qu’elle soutenait. Avec les années, sa présence a dépassé le simple cadre professionnel pour devenir importante dans la famille.
Son discours est simple, mais fort : selon lui, ce type de présence peut vraiment encourager les jeunes d’aujourd’hui, d’autant plus que, quand eux avaient cet âge-là, il n’y avait pas forcément de personnes comme elle sur le terrain.
À Créteil, Elsa accompagne les jeunes avec son association Praceta – Photo Info2.0 DR
Une confiance construite dans l’action
D’autres jeunes racontent aussi comment le lien s’est créé avec Elsa. Au départ, certains l’ont rencontrée dans le cadre de son travail, parfois alors qu’ils étaient eux-mêmes sans emploi ou déjà confrontés à certaines difficultés.
Puis, à force d’échanges, d’actions communes et de présence réelle sur le terrain, la confiance s’est installée.
L’un d’eux explique que, très vite, il a compris qu’en travaillant avec elle, il allait apprendre. Un autre raconte que lorsqu’elle a commencé à lancer des actions dans le quartier, ils ont voulu lui rendre la force qu’elle leur avait donnée. Pour eux, il ne s’agit pas seulement d’une intervenante extérieure, mais de quelqu’un qui a montré par les actes qu’elle voulait sincèrement aider.
Transformer le quartier avec ceux qui y vivent
Ce qui ressort aussi de cette première partie, c’est que l’action d’Elsa ne se limite pas à l’accompagnement individuel. Elle cherche aussi à remettre les jeunes au centre d’une dynamique collective.
Repeindre un espace, lancer une action, se mobiliser sur le terrain, imaginer un projet utile : autant de façons de redonner aux jeunes une place active dans leur propre quartier.
L’un des jeunes raconte par exemple qu’un simple appel lancé en story pour venir repeindre un lieu a suffi à faire réagir immédiatement certains d’entre eux. Ce réflexe, cette disponibilité, cette volonté de répondre présent montrent aussi qu’un lien fort s’est tissé.
Pour eux, marcher avec Elsa, ce n’est pas seulement recevoir de l’aide. C’est aussi prendre part à quelque chose de plus grand : une manière de reconstruire, ensemble, une autre image du quartier et de ceux qui y vivent.
Une autre manière d’accompagner les jeunes
À travers cette immersion, une chose se dessine clairement : Elsa ne travaille pas seulement sur des situations. Elle travaille sur des trajectoires.
Son association tente d’ouvrir des portes là où beaucoup ne voient que des blocages. Et dans les paroles recueillies, on comprend que ce qui fait la différence, ce n’est pas seulement l’accompagnement, mais la sincérité perçue derrière chaque action.
Dans ces quartiers, certains jeunes disent avoir reconnu chez elle quelque chose de rare : un vrai cœur pour aider.
Et c’est sans doute là que commence le reste.


