« Il a fallu des années avant que je m’accepte »
À 40 ans, Olivier Ferrand, plus connu sur les réseaux sociaux sous le nom de Captain Icarus, partage son quotidien avec une mission : changer le regard porté sur les grands brûlés. Derrière son sourire et sa force de caractère se cache un parcours hors du commun.
Brûlé à 97 % du corps, il a passé sept années à l’hôpital, subi 160 anesthésies générales, plus de 50 opérations et enduré des douleurs qu’il décrit comme indescriptibles. Pourtant, ce ne sont pas seulement les souffrances physiques qui ont marqué sa reconstruction.
« Il a fallu des années avant que je m’accepte », confie-t-il à Info20.fr.
Les premières sorties étaient de véritables épreuves. Aller acheter du pain, entrer dans un magasin, s’asseoir dans une salle de cinéma ou encore vivre un premier rendez-vous demandaient un immense courage.
« On sort petit à petit de sa zone de confort. Une étape après l’autre. »
« Notre différence peut devenir une force »
Avec le temps, Olivier apprend à apprivoiser le regard des autres.
Au départ, chaque regard lui semblait lourd à porter. Puis il comprend progressivement que beaucoup de personnes ne sont pas malveillantes, mais simplement surprises ou curieuses face à une différence qu’elles connaissent mal.
Aujourd’hui, son regard sur lui-même a totalement changé.
« Si aujourd’hui je pouvais changer quelque chose à mon image, je ne changerais rien. »
Il va même plus loin.
« Un jour, on se rend compte qu’au-delà de ne plus souffrir du regard des autres, on est capable de plaire. Notre différence peut séduire. Elle nous rend uniques. »
Pour lui, lorsqu’une différence est impossible à effacer, il faut apprendre à la transformer en force.
« Si la vie a décidé de vous rendre différent des autres, faites de cette différence un art. »
Brûlé à 97 %, Olivier transforme sa différence en force – © Olivier Ferrand / Autorisation de diffusion accordée à Info2.0 – DR
Sensibiliser, informer et redonner de l’espoir
Si Olivier est aujourd’hui très présent sur les réseaux sociaux, ce n’est pas par hasard.
À travers ses vidéos, il souhaite sensibiliser le public aux conséquences des brûlures graves, informer sur le long parcours médical que traversent les victimes et accompagner ceux qui vivent la même épreuve.
Son objectif est aussi de montrer qu’il existe une vie après le drame.
« Le plus beau signe d’espoir que je puisse offrir, c’est de montrer qu’il y a un après. »
Aujourd’hui, Olivier mène une vie qu’il qualifie lui-même de « normale ». Il est père de famille, connaît les mêmes joies, les mêmes difficultés et les mêmes préoccupations que tout le monde.
Son message est simple.
« Les gens vous regarderont parce qu’ils ne vous connaissent pas. Mais ils vous aimeront quand ils vous connaîtront. »
À travers son témoignage, Olivier espère contribuer à banaliser l’image des grands brûlés et rappeler qu’avant les cicatrices, il y a toujours une personne, une histoire et une vie à reconstruire.


