« J’ai vu que maman avait mal »
Dans la nuit du 11 août à Mauvezin, dans le Gers, une violente dispute éclate au sein d’un couple, sous les yeux de trois enfants. Vers 4 heures du matin, les cris provenant du domicile poussent une voisine à prévenir les gendarmes.
À leur arrivée, les militaires découvrent une femme en pleurs, réfugiée dans sa voiture avec ses trois enfants. Elle explique avoir été victime de violences de la part de son compagnon, avec qui elle était en couple depuis huit mois.
Selon son récit, l’homme, qui avait consommé de l’alcool, aurait notamment voulu consulter son téléphone sur fond de jalousie. Face à son refus, la situation aurait dégénéré : la mère affirme avoir été tirée par les cheveux, projetée au sol et frappée, jusqu’à perdre connaissance après une gifle.
Mais au milieu de cette scène, son fils aîné, âgé de seulement 11 ans, décide d’intervenir.
« J’ai vu que maman avait mal alors j’ai pris la main de son copain et lui ai crié d’arrêter », racontera ensuite l’enfant aux gendarmes.
L’enfant intervient face au compagnon de sa mère
Réveillé par les cris, le garçon assiste à une partie des violences et tente donc de protéger sa mère. Dans son témoignage, il évoque plusieurs coups qu’il aurait vus être portés au ventre et dans le dos de celle-ci.
La mère parvient ensuite à se réfugier avec ses enfants dans sa voiture. Consciente qu’elle n’est pas en état de conduire après avoir consommé de l’alcool, elle reste sur place. Elle affirme que son compagnon l’aurait alors menacée depuis une fenêtre, notamment en mimant un égorgement avec un couteau.
D’après les informations de La Dépêche du Midi, l’homme a été interpellé puis placé en détention avant de comparaître trois jours plus tard devant le tribunal correctionnel d’Auch. Déjà condamné pour des violences conjugales commises sur une précédente compagne, il a contesté une partie des accusations et présenté une version différente des événements.
À 11 ans, il protège sa mère de violences conjugales – (illustration Canva)
Trois ans de prison prononcés par le tribunal
Lors de l’audience, la procureure a estimé que plusieurs éléments caractéristiques d’une situation d’emprise étaient présents et a également alerté sur les conséquences des violences conjugales sur les enfants qui en sont témoins. Elle avait requis 24 mois d’emprisonnement, dont douze avec sursis probatoire.
Le tribunal est finalement allé plus loin en condamnant le prévenu à trois ans de prison, dont douze mois assortis d’un sursis probatoire pendant deux ans. Son maintien en détention a été ordonné et il lui est également interdit d’entrer en contact avec la victime.
Au-delà de la décision judiciaire, cette affaire reste marquée par le geste de cet enfant de 11 ans qui, en voyant sa mère en difficulté, a tenté de s’interposer pour la protéger.


