Changer jusqu’à 36 fois de lieu de vie pendant la période périnatale, parfois en passant par la rue, tout en essayant de poursuivre sa grossesse. L’étude REPÈRES, menée par le Samusocial de Paris et le réseau SOLIPAM, documente les conséquences de l’absence de logement stable sur les femmes enceintes, les mères et leurs nouveau-nés. Ce 14 septembre, un colloque organisé à Paris avec UNICEF France remet cette réalité au cœur du débat.
Jusqu’à 36 lieux de vie différents pendant la période périnatale
Pour certaines femmes suivies dans le cadre de l’étude, la grossesse et les premiers mois de leur enfant se déroulent dans une instabilité résidentielle extrême.
Certaines ont connu jusqu’à 36 lieux de vie différents au cours de la période périnatale, avec parfois des passages à la rue.
Cette errance complique le suivi médical, les déplacements vers les établissements de santé et la continuité de la prise en charge. Elle augmente également les risques de dégradation de la santé physique et psychique des femmes.
Sans domicile : les nouveau-nés particulièrement vulnérables – (illustration Canva)
Des nouveau-nés particulièrement vulnérables
L’étude REPÈRES met également en évidence plusieurs indicateurs préoccupants concernant les bébés.
Le petit poids de naissance est notamment plus fréquent parmi les nouveau-nés étudiés que dans la population générale. Certains nécessitent également davantage d’assistance respiratoire ou de prises en charge en réanimation.
UNICEF France souligne, à partir des résultats de l’étude, que le taux de mortalité néonatale observé est huit fois supérieur à celui de la population générale.
Ces données rappellent à quel point disposer d’un hébergement stable pendant la grossesse et après la naissance constitue aussi un enjeu de santé publique.
Sans domicile : les nouveau-nés particulièrement vulnérables – (illustration Canva)
UNICEF réclame davantage de places pour les familles
Ce lundi 14 septembre, UNICEF France, le Samusocial de Paris et SOLIPAM organisent à l’Hôtel de Ville de Paris un colloque consacré à la santé périnatale et à l’errance résidentielle.
L’objectif est de réunir professionnels, chercheurs et institutions afin de mieux articuler les politiques de lutte contre le sans-abrisme avec celles consacrées aux 1 000 premiers jours de l’enfant.
Plus largement, UNICEF France demande la création de 10 000 places d’hébergement supplémentaires, dont 2 500 spécifiquement destinées aux femmes enceintes et aux familles avec des nouveau-nés.
À la veille de la rentrée scolaire 2026, 2 355 enfants, dont 514 âgés de moins de trois ans, étaient déjà restés sans solution d’hébergement après un appel au 115. Un chiffre en hausse de 42 % depuis 2022.


