Économie des entreprises en France : pourquoi les TPE et PME restent sous pression en 2026

11/03/26 | Actu

Une économie française qui tient, mais sans vrai souffle pour les petites entreprises

En surface, l’économie française a résisté en 2025 : la croissance du PIB a atteint +0,9 % sur l’année, avec un acquis de croissance déjà positif pour 2026. Mais cette stabilité macroéconomique masque une réalité beaucoup plus tendue pour les entreprises, surtout les plus petites. L’Insee note d’ailleurs qu’en février 2026, le climat des affaires s’est replié à 97, sous sa moyenne de long terme fixée à 100, signe d’une confiance encore fragile chez les dirigeants.

Ce décalage entre la vision “macro” et le vécu des dirigeants est central. Une économie peut continuer à croître légèrement tout en laissant une partie du tissu entrepreneurial sous forte tension. C’est particulièrement vrai en France, où les TPE, PME et microentreprises absorbent de plein fouet la hausse des coûts, l’érosion des marges et le ralentissement de la demande.

Les créations d’entreprises battent des records, mais les défaillances restent très élevées

Le paradoxe français est là : les créations d’entreprises continuent de grimper, tandis que les défaillances restent à un niveau alarmant. En 2025, la France a enregistré 1 165 800 créations d’entreprises, un nouveau record, en hausse de 5 % sur un an. Cette dynamique montre que l’envie d’entreprendre demeure forte, notamment via les micro-entrepreneurs et les créations de sociétés.

Mais dans le même temps, la Banque de France a recensé 68 564 défaillances d’entreprises en cumul sur douze mois à fin décembre 2025, soit +3,5 % sur un an. Le phénomène touche surtout les plus petites structures : la hausse concerne très majoritairement les microentreprises et les TPE, qui disposent de moins de trésorerie, de moins de leviers de financement et d’une moindre capacité à encaisser les retards de paiement ou les baisses d’activité.

Autrement dit, la France crée beaucoup d’entreprises, mais elle peine encore à sécuriser leur trajectoire dans la durée. Pour un dirigeant, ce constat change tout : créer reste possible, mais tenir devient le vrai défi.

Trésorerie, demande, investissement : les trois fragilités du moment

Une demande encore trop faible pour beaucoup de PME

Le principal frein cité par les dirigeants reste la faiblesse de la demande. Selon le baromètre Bpifrance Le Lab / Rexecode de fin 2025, 66 % des dirigeants de TPE-PME considéraient l’insuffisance de débouchés comme le premier obstacle à leur activité. Quand les carnets ralentissent, les tensions de trésorerie apparaissent vite, surtout dans les secteurs à faible marge.

chien abandonné adopté sauveur

Photo d’illustration – Source : Canva

Une trésorerie qui reste sous tension

Toujours selon ce baromètre, 36 % des dirigeants déclaraient une dégradation de leur trésorerie sur les trois derniers mois, et 22 % disaient rencontrer des difficultés pour financer cette trésorerie. Ce n’est pas anodin : dans une petite structure, quelques semaines de tension sur le cash peuvent remettre en cause les recrutements, les investissements, voire la continuité de l’activité.

Des investissements revus à la baisse

Le signal est également préoccupant du côté de l’investissement. Au quatrième trimestre 2025, seuls 39 % des dirigeants de PME-TPE prévoyaient d’investir, soit le plus bas niveau observé depuis la crise Covid. Quand les entreprises coupent dans leurs investissements, cela signifie souvent qu’elles privilégient la survie, la prudence ou la préservation de la trésorerie au détriment de la croissance future.

Les marges se tassent, même quand l’activité ne s’effondre pas

Autre élément important pour les chefs d’entreprise : le niveau d’activité ne raconte pas toute l’histoire. En 2025, le taux de marge des sociétés non financières en France s’est établi autour de 31,4 % à 31,5 %, en baisse par rapport à 2024. L’Insee explique notamment ce recul par la hausse des charges patronales et la progression des salaires réels, malgré des gains de productivité sur certains trimestres.

Concrètement, cela veut dire qu’une entreprise peut continuer à facturer, à produire, voire à croître légèrement, tout en gagnant moins d’argent à la fin. Pour beaucoup de TPE et PME, la pression ne vient donc pas seulement d’une baisse du chiffre d’affaires, mais d’un resserrement progressif des marges, beaucoup plus difficile à corriger rapidement.

Tous les secteurs ne souffrent pas de la même façon

La pression est particulièrement visible dans certains secteurs. La Banque de France montre que les volumes les plus élevés de défaillances concernent en 2025 la construction, le commerce et réparation automobile, ainsi que l’hébergement-restauration. Ce sont des activités souvent très exposées aux coûts, aux décalages de paiement, à la sensibilité de la clientèle au prix et à la volatilité de la demande.

Dans l’industrie, le climat des affaires reste un peu mieux orienté que dans d’autres branches, mais il s’est tout de même replié en février 2026. Les industriels signalent notamment une dégradation de leurs carnets de commandes et de leurs perspectives de production. Dans les services, le climat s’est également détérioré, retombant à 95, ce qui traduit un net ralentissement du moral entrepreneurial dans un secteur pourtant central pour l’économie française.

Le crédit reste accessible, mais cela ne suffit pas à relancer la machine

Un point mérite d’être nuancé : l’accès au crédit ne semble pas bloqué de manière générale. Au quatrième trimestre 2025, la Banque de France indiquait que les taux d’obtention des crédits demeuraient élevés pour les entreprises qui en faisaient la demande, et que 86 % des PME et ETI jugeaient le coût global du crédit stable ou en baisse.

Mais cela ne signifie pas que tout va bien. D’abord parce que beaucoup de petites entreprises n’osent plus s’endetter davantage dans un environnement incertain. Ensuite parce que le vrai sujet n’est pas seulement l’accès au prêt, mais la capacité à investir avec visibilité. On peut obtenir un crédit et malgré tout renoncer à investir si la demande reste molle, si les marges se contractent ou si le pilotage de trésorerie devient trop tendu.

Ce que les dirigeants peuvent retenir de la période actuelle

Le paysage économique français n’est pas celui d’un effondrement général. Il ressemble plutôt à une érosion lente, où les entreprises les plus solides tiennent, où de nouvelles structures se créent, mais où beaucoup de petites sociétés s’épuisent sous l’effet cumulé des crises successives, du Covid à l’inflation, puis au ralentissement de la demande.

Pour les dirigeants, la leçon est claire : en 2026, la priorité n’est pas seulement de vendre plus, mais de mieux protéger la trésorerie, surveiller les marges, sécuriser les délais de paiement, et arbitrer plus vite sur les investissements. Dans un contexte où le climat des affaires reste fragile et où les défaillances demeurent élevées, la qualité du pilotage redevient un avantage concurrentiel majeur.

 

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