« Je ne vois pas, mais je peux parler »
Dans la suite de son témoignage pour Info2.0, Kevin revient sur son quotidien de personne non-voyante et sur le regard que la société pose parfois sur le handicap.
Pour lui, le mot « handicap » peut être mal interprété selon la manière dont il est utilisé.
« Dans la tête des gens, on pense tout de suite au handicap. Mais tout dépend de la façon dont on le dit. »
Kevin raconte des situations qui l’agacent encore aujourd’hui, notamment lorsqu’il se rend dans des administrations accompagné d’une autre personne.
« Par exemple, quand je vais à la Sécurité sociale avec quelqu’un qui voit, on va parler à la personne qui est avec moi… alors que je suis là. »
Une situation qui le fait réagir.
« Je dis toujours : je ne vois pas, mais j’ai une langue, je peux parler. »
Ne pas être réduit à un statut administratif
« La vraie personne, c’est ce que tu fais »
Kevin explique que l’administration classe souvent les personnes selon des catégories : dossier MDPH, CAF, reconnaissance de handicap…
Mais pour lui, cela ne doit jamais définir entièrement une personne.
« Sur le papier, oui, je suis non-voyant. Mais la vraie personne, c’est ce que tu fais au quotidien. »
Dans sa vie familiale notamment, Kevin refuse que le handicap devienne un sujet permanent.
« Avec mes enfants, je n’en parle pas toute la journée. On vit simplement. »
11 Mars 2026 à Bondy Seine-Saint-Denis Kevin (photo info2.0) DR
Refuser les étiquettes
« Je casse les cases »
Kevin critique une société qui a tendance, selon lui, à classer les individus dans des catégories trop rigides.
« Aujourd’hui, la société veut nous mettre dans des cases : les personnes sourdes, les personnes non-voyantes… »
Pour lui, ce système peut devenir un frein à l’autonomie.
« Tu veux sortir de la case, et tout de suite les gens se demandent ce qui se passe. »
Mais Kevin refuse cette logique.
« Moi je casse la case. Je casse les codes. Je défonce les portes et les barrières. »
Sa philosophie est simple : ne jamais se laisser enfermer dans les limites que d’autres pourraient imposer.
« Si on ne m’ouvre pas une porte, je rentre par la fenêtre. Et si on ne m’ouvre pas la fenêtre, je passe par le sous-sol. »


