Un accouchement qui ne se déroule pas comme prévu
Dans son témoignage pour Info2.0, Jeanne revient sur la naissance de sa fille et sur l’épreuve qu’elle a vécue lors de son accouchement.
Tout commence tôt le matin. Depuis 4 heures, Jeanne est en travail et la journée se déroule plutôt bien. Mais au fil des heures, une douleur persistante apparaît sur le côté gauche de son ventre. Les médecins comprennent progressivement que sa fille appuie sur une zone précise, ce qui empêche le travail d’avancer correctement.
En fin de journée, vers 17 ou 18 heures, l’équipe médicale constate que le col s’est ouvert partout… sauf à un endroit précis. Une situation qui empêche l’accouchement par voie basse.
Une dernière heure d’attente est décidée. Mais finalement, la décision tombe : une césarienne est nécessaire.
Le sentiment d’avoir échoué
Pour Jeanne, cette annonce est un choc.
« Quand j’ai compris que j’allais avoir une césarienne, tout mon monde s’est effondré. »
Elle explique qu’à ce moment-là, beaucoup de femmes ressentent un sentiment de culpabilité.
« On a l’impression d’avoir échoué dans sa mission de maman, de ne pas avoir réussi à accoucher normalement. »
Malgré cette épreuve, Jeanne souligne le soutien essentiel de l’équipe médicale qui l’a accompagnée tout au long de la journée.
« J’ai eu la chance d’être accompagnée par une sage-femme incroyable. »
Photo fournie par Jeanne – DR
Une convalescence physique et mentale difficile
Les jours qui suivent l’opération
Après la naissance, Jeanne découvre une réalité dont on parle peu : la convalescence après une césarienne.
Se lever devient extrêmement difficile. Elle ne peut pas se doucher pendant plusieurs jours et dépend beaucoup de son entourage.
« Je n’arrivais même pas à me lever de mon lit. Mon mari devait me passer ma fille pour que je puisse l’allaiter. »
C’est également lui qui s’occupe du premier bain du bébé, un moment important que de nombreuses mères opérées ne peuvent pas vivre immédiatement.
Un traumatisme encore présent
Aujourd’hui encore, 19 mois après la naissance, Jeanne explique qu’elle continue de travailler sur ce traumatisme.
Elle rappelle qu’il existe des professionnels pour accompagner les femmes après une césarienne : kinésithérapeutes, ostéopathes ou psychologues.
Certaines techniques comme l’EMDR, utilisée pour traiter les traumatismes, peuvent également aider.
« Une césarienne sur trois est vécue comme un choc post-traumatique. Il ne faut pas rester seule face à ça. »
Un message pour les jeunes mamans
À travers ce témoignage, Jeanne souhaite surtout transmettre un message aux femmes qui pourraient vivre la même situation.
Elle rappelle que demander de l’aide, physiquement ou mentalement, est essentiel.
« Il existe des professionnels pour vous accompagner. Vous n’êtes pas seules. »


