Interpellé en Algérie, le principal suspect reste au cœur d’un casse-tête judiciaire
La France et l’Algérie ont bien signé en 2021 une nouvelle convention d’extradition. En théorie, elle permet aux deux pays de se remettre réciproquement des personnes poursuivies ou condamnées. Mais l’article 3 de ce texte prévoit aussi que l’extradition n’est pas accordée si la personne réclamée a la nationalité de l’État requis. Dans ce dossier, cette clause jouerait donc en faveur d’Abdelkarim B.
L’Algérie pourrait toutefois ouvrir sa propre procédure judiciaire
Si l’Algérie refuse d’extrader son ressortissant, elle peut en revanche, à la demande de la France, ouvrir une procédure sur son propre territoire. L’avocat Abderrazak B, cité par le journal, explique qu’une entraide judiciaire pourrait alors être mise en place entre les deux pays. Les autorités françaises transmettraient leurs éléments aux autorités algériennes, tandis que les investigations de terrain continueraient principalement en France.
Les enquêteurs français pourraient même participer aux investigations
Dans ce scénario, Le Parisien précise que le juge d’instruction français et les enquêteurs pourraient être autorisés à assister à certains actes de procédure en Algérie, notamment aux interrogatoires, par l’intermédiaire de leurs homologues locaux. Le suspect pourrait alors être jugé en Algérie, où les peines encourues pour meurtre sont potentiellement plus sévères, même si un moratoire sur la peine de mort est rappelé dans l’article. Le journal ajoute aussi que la justice française pourrait, de son côté, le juger en son absence.
La question du bébé reste aussi centrale
L’article souligne enfin qu’au-delà du sort judiciaire du suspect, celui de la petite Inaya, âgée de 15 mois, reste une question majeure. Selon l’avocat cité par Le Parisien, l’enfant est considérée comme algérienne de plein droit. Mais en cas de disparition confirmée de la mère, la loi algérienne pourrait conduire à confier la garde à la lignée maternelle, ce qui ouvrirait la possibilité d’un retour de l’enfant auprès de la famille de Manon Relandeau en France.


