Près de 200 jeunes mobilisés devant le lycée Saint-André
Jeudi 1er octobre, les abords du lycée Saint-André de Niort, dans les Deux-Sèvres, ont été le théâtre d’une mobilisation lycéenne. Environ 200 jeunes, dont certains venus d’autres établissements, se sont rassemblés devant ce lycée privé sous contrat pour faire entendre différentes revendications.
Présente lors de cette journée, Alev a livré son témoignage directement à Info2.0, accompagné de vidéos et de photographies prises pendant la mobilisation. Elle estime pour sa part que le rassemblement a réuni entre 200 et 300 élèves.
Parmi les premières préoccupations évoquées : des journées pouvant s’étendre de 8 heures à 18 heures, parfois entrecoupées de longues heures sans cours. « Nous avons déjà de longues journées, mais elles sont parfois coupées par des heures creuses qui nous semblent inutiles », explique-t-elle.
Alev évoque également les conditions de travail dans son établissement. Selon son témoignage, malgré la construction récente d’un nouveau bâtiment, certaines salles resteraient très froides l’hiver et particulièrement chaudes l’été. Elle regrette le manque de ventilateurs et de protections contre le soleil, tout en questionnant certains investissements réalisés dans des équipements numériques.
Ces préoccupations rejoignent en partie celles rapportées par la presse locale auprès d’autres élèves de Saint-André, notamment concernant les journées de 8 h à 18 h, l’état des bâtiments, l’usage du téléphone ou Parcoursup.
Niort : Alev raconte la mobilisation des lycéens – © Alev — contenus transmis directement à la rédaction d’Info2.0
Téléphones, Parcoursup, avenir : « Ce n’est pas parce qu’on est jeunes qu’on va se taire »
La mobilisation dépasse toutefois les problématiques propres au lycée. Alev rapporte une opposition aux restrictions concernant l’utilisation des téléphones portables et une inquiétude importante autour de Parcoursup.
« On nous demande d’être suffisamment matures pour réfléchir à notre avenir, choisir une orientation et construire notre projet professionnel, mais pas suffisamment responsables pour avoir un téléphone avec nous dans l’établissement », résume la lycéenne.
Concernant Parcoursup, elle décrit une pression supplémentaire au moment où les élèves doivent décider de leur avenir. Les revendications sur l’orientation, les emplois du temps chargés, les moyens accordés à l’Éducation nationale et les professeurs non remplacés se retrouvent plus largement dans le mouvement lycéen observé début octobre dans plusieurs régions françaises.
Alev fait également état de craintes concernant une éventuelle augmentation du coût des études, notamment en BTS ou en classes préparatoires. Il s’agit ici d’une revendication et d’une inquiétude exprimées dans son témoignage, et non de l’annonce d’une généralisation actée de formations payantes.
« Le gouvernement doit agir pour nous garantir un avenir vivable, stable et accessible », affirme-t-elle.
Niort : Alev raconte la mobilisation des lycéens – © Alev — contenus transmis directement à la rédaction d’Info2.0
Une dame âgée aidée par les lycéens au milieu de la mobilisation
Mais Alev souhaitait également montrer une autre image de cette journée.
Alors que les jeunes étaient rassemblés avenue de Paris, à proximité du lycée, elle raconte avoir entendu soudainement des cris de joie. En se rapprochant, elle découvre une dame âgée tentant de traverser au milieu du rassemblement.
Plusieurs élèves se dirigent alors vers elle pour l’aider à avancer au milieu de la foule. Alev rejoint le groupe et filme la scène.
« On la voyait les larmes aux yeux, très émue. C’était vraiment un moment touchant », raconte-t-elle à Info2.0.
C’est précisément pour montrer cette facette de la mobilisation qu’elle décide ensuite de publier la vidéo sur TikTok.
« Beaucoup de personnes me disent : “C’est juste normal, vous n’avez pas à en être fiers.” Et je suis d’accord : la gentillesse devrait être normale. Mais nous aurions simplement pu laisser cette dame traverser la foule sans nous en préoccuper. Au lieu de cela, plusieurs élèves ont préféré l’aider. Cela lui a donné le sourire, et c’est surtout de cela que je suis fière. »
Elle raconte qu’un homme âgé dont la voiture était bloquée par le rassemblement a également été aidé par des jeunes pour pouvoir repartir.
Selon Alev, la mobilisation à Saint-André s’est déroulée globalement dans le calme malgré quelques pétards et un départ de feu dans une poubelle rapidement maîtrisé. La presse locale décrit elle aussi l’ambiance de ce rassemblement comme globalement bon enfant, tout en signalant des pétards et des tirs de mortiers.
Les journées suivantes ont en revanche été marquées par des incidents plus importants lors d’autres mobilisations à Niort, notamment le 2 octobre devant le lycée Paul-Guérin, avec des jets de projectiles contre les forces de l’ordre et plusieurs interventions policières.
Alev refuse justement que ces images conduisent à mettre tous les jeunes dans la même catégorie.
« Il y a énormément de mauvaises images qui circulent sur nous en ce moment. Mais je demande simplement qu’on évite de faire des généralités. »
Et elle résume le message qu’elle souhaite porter par une dernière phrase :
« Nous sommes la génération Z. Ce n’est pas parce qu’on est jeunes qu’on n’a pas de droits et qu’on va se taire. Nous sommes légitimes à être écoutés. »

